À Casablanca, la galerie L’Atelier 21 offre une plongée vibrante dans l’univers d’Abdelkrim Ouazzani à travers son exposition personnelle intitulée L’enfance de l’art. Visible du 9 décembre 2025 au 10 janvier 2026, cette nouvelle proposition artistique donne à voir une œuvre où la couleur n’est pas simple ornement, mais un cri, un souffle, un geste libérateur. Rouge, bleu, jaune : chaque teinte pulse d’une énergie vitale, comme si la matière elle-même réclamait le droit de vibrer.
Ouazzani, né en 1954 à Tétouan, n’est pas un inconnu du monde de l’art. Formé à l’École des Beaux-Arts de sa ville natale avant de poursuivre son parcours à Paris, il a ensuite dirigé l’Institut national des Beaux-Arts de Tétouan, contribuant à façonner toute une génération d’artistes marocains. Son œuvre, polymorphe et profondément enracinée dans le vivant, se situe à la croisée de la peinture et de la sculpture. Le métal rouillé devient support poétique, la couleur s’impose comme un langage émotionnel, et la surface — travaillée, griffée, illuminée — restitue la force première du geste artistique.
Avec L’enfance de l’art, Ouazzani revisite la spontanéité de la création. Il n’est pas question ici de nostalgie, mais d’un retour à l’instinct, à cette époque où voir et inventer relevaient d’un même élan naturel. C’est cette poésie primitive qu’il cherche à capter, dans une démarche qui convoque aussi bien l’héritage de Matisse ou de Calder que celui de Dubuffet. Les figures qu’il compose — mi-humaines, mi-animales — apparaissent comme les témoins d’un monde en mutation, porteurs d’un équilibre fragile entre mémoire et métamorphose, chaos et harmonie.
À l’occasion de cette exposition, la galerie publie une monographie richement illustrée, Une poétique de la matière, signée par l’historien de l’art Mohamed Métalsi. Le vernissage du 9 décembre sera ponctué d’une séance de dédicace en présence de l’artiste et de l’auteur, offrant ainsi aux amateurs un moment de rencontre rare avec une œuvre aussi singulière que généreuse.
Ouazzani poursuit, avec cette exposition, sa quête d’un art libéré des carcans, ancré dans la matière mais tendu vers l’imaginaire. L’enfance de l’art ne désigne pas une période de la vie, mais une manière d’habiter le monde : avec curiosité, audace et sensibilité.