Mahi Binebine, un hommage éclatant au cœur de Jemaa El-Fna

by La Rédaction

Il y a des soirs où la culture semble suspendre le temps, et Marrakech en a offert un nouveau témoignage en honorant Mahi Binebine, figure majeure des lettres et des arts marocains. Dans l’enceinte chaleureuse du centre Les Étoiles de Jemaa El-Fna, l’écrivain-peintre a reçu l’insigne d’Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres, distinction française qui célèbre celles et ceux dont l’œuvre rayonne bien au-delà des frontières. Une scène sobre, presque intime, mais chargée d’une émotion palpable : celle d’un parcours qui se voit reconnu par un pays où l’auteur a souvent trouvé écho et lecteurs.

La cérémonie s’est déroulée dans une atmosphère qui rappelait combien l’artiste a lui-même contribué à bâtir des ponts entre les cultures. Le choix du lieu n’avait rien d’anodin : ce centre, dédié à la transmission, à la formation et à l’ouverture artistique, constitue l’un des projets auxquels la fondation Alizoaoua — à laquelle il est étroitement lié — a donné vie. Recevoir une telle distinction “chez soi”, devant un public mêlant proches, admirateurs et jeunes talents, ajoutait à l’instant une profondeur presque symbolique, comme une boucle qui se referme entre création, engagement social et reconnaissance internationale.

   

La soirée a pris un éclat encore plus singulier grâce à l’intervention du groupe musical Gnaoua Zaoua, formé au sein même du centre. Leurs rythmes, héritiers d’une tradition marocaine profondément ancrée, ont accompagné la remise de médaille avec une intensité inattendue. Voir Mahi Binebine honoré sur fond de musique gnaoua avait quelque chose d’un clin d’œil du destin : l’artiste, lui qui n’a jamais cessé d’explorer l’âme de son pays dans ses romans comme dans ses toiles, se retrouvait célébré au croisement même de ses propres influences.

Cette distinction marque une nouvelle étape dans la trajectoire d’un créateur qui s’est imposé autant par son talent que par sa constance. Qu’il s’agisse de littérature, de peinture ou d’action sociale, Binebine n’a jamais cessé d’élargir les frontières de son œuvre, offrant du Maroc une vision sensible, vibrante, parfois douloureuse mais toujours profondément humaine. Le voir rejoindre les rangs des Officiers de l’Ordre des Arts et des Lettres sonne comme une évidence, presque comme la confirmation officielle d’une influence déjà installée depuis longtemps.

   

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