Un flacon pour la paix ? Trump parfume la diplomatie avec le président syrien

by La Rédaction

C’est une scène à la fois cocasse et chargée de symboles qui s’est déroulée à la Maison-Blanche ce 10 novembre 2025 : le président américain Donald Trump a accueilli son homologue syrien Ahmed al-Sharaa avec un geste pour le moins inattendu. Après lui avoir tendu un flacon de parfum, Trump n’a pas hésité à l’en asperger lui-même, avant de plaisanter : « Et l’autre, c’est pour votre épouse… Combien d’épouses, d’ailleurs ? » L’échange, filmé et diffusé massivement sur les réseaux sociaux, a rapidement fait le tour du monde.

Mais derrière cette légèreté de façade, c’est un événement historique qui s’est joué à Washington. Cette rencontre marque la toute première visite d’un président syrien aux États-Unis depuis l’indépendance de la Syrie en 1946. Autant dire que le parfum offert est loin d’être anecdotique : il symbolise une tentative de réchauffer des relations gelées depuis des décennies, sur fond de conflits, d’hostilité politique et de sanctions économiques.

   

Ahmed al-Sharaa n’est pas une figure ordinaire de la diplomatie : ancien chef militaire islamiste, il figurait encore récemment sur la liste noire des États-Unis, avec une récompense de 10 millions de dollars promise pour sa capture. Son accession à la présidence syrienne a bouleversé la donne, au point de forcer Washington à revoir sa copie. Trump, fidèle à son style singulier, a saisi l’opportunité pour orchestrer une rencontre à haute valeur symbolique — une poignée de main filmée, un cadeau parfumé, et surtout une avalanche de messages politiques codés.

Au-delà du geste, les deux chefs d’État ont abordé plusieurs dossiers épineux. Damas s’est engagé à rejoindre la coalition dirigée par les États-Unis contre l’État islamique, un revirement stratégique d’importance. Parallèlement, l’administration Trump a évoqué un allègement partiel des sanctions, notamment celles imposées sous la loi César, connue pour son rôle dissuasif contre les violations des droits humains en Syrie. La realpolitik semble ainsi prendre le pas sur les postures morales, au nom d’un nouvel équilibre au Moyen-Orient.

Le parfum devient alors un vecteur de communication diplomatique : à la fois intime, surprenant et porteur d’une volonté de changement de ton. Trump, en rompant avec les codes rigides du protocole, a voulu incarner une diplomatie directe et décomplexée. Reste à savoir si cette méthode portera ses fruits, ou si elle masquera temporairement les tensions toujours latentes entre les deux pays.

Qu’on l’interprète comme un clin d’œil ou un calcul diplomatique, ce flacon de parfum restera sans doute dans les mémoires comme le symbole d’une rencontre inattendue, entre deux dirigeants que tout semblait opposer… jusqu’à cette poignée de main aromatisée.

   

Vous aimerez aussi